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Comment se préparer pour la photographie en basse lumière et la photographie de nuit

Du choix de l’objectif à l’apprentissage du réglage de votre appareil photo les yeux fermés, voici comment vous préparer au mieux à l’aurore, au crépuscule et à l’obscurité totale

La photographie consiste essentiellement à collecter la lumière donc, si vous prévoyez de déclencher quand il n’y en a presque plus, il va falloir le planifier à l’avance.

Et cela en vaut la peine, beaucoup des photographies les plus originales, créative ou inspirantes que vous ayez pu voir, ont été prises en conditions de manque de lumière, depuis les levers de soleil brumeux ou les paysages féeriques capturés au crépuscule, jusqu’aux poses longues pouvant produire un effet laiteux sur l’eau ou permettant d’immortaliser la voie lacté la nuit.

Photographier en basse lumière est difficile, mais aussi extrêmement créatif et gratifiant. Voici comment vous y préparer.

Choisir son appareil et ses optiques

Quand vous choisissez votre appareil et vos optiques pour ce genre de photographie, deux choses sont particulièrement importantes : l’ouverture et la sensibilité ISO.

L’ouverture détermine la quantité de lumière qui atteindra le capteur de l’appareil et est notée f/x. Plus le chiffre est petit, plus l’ouverture est grande et sera en mesure de collecter de lumière à vitesse d’obturation constante, ce qui limite votre choix d’optiques. Alors que pratiquement tous les objectifs sont capables de gérer un réglage moyen, à f/11 par exemple, peu ouvrent à f/2,8, valeur à laquelle de bonnes images du ciel nocturne sont possibles à réaliser.

L’ouverture que vous choisirez d’utiliser dictera le genre de résultats que vous serez en mesure d’obtenir.

Les ISO – c’est-à-dire la sensibilité à la lumière du capteur photo – est aussi primordiale en basse lumière et en astrophotographie. Les reflex entrée de gamme et les appareils hybrides ont la fâcheuse tendance à produire des images très bruitée en condition de basse lumière ou en photographie de nuit. Pour photographier au crépuscule, vous privilégierez le mode priorité à l’ouverture pour pouvoir jouer avec la vitesse d’obturation et le réglage des ISO.

Si vous voulez photographier le ciel nocturne, essayez de mettre la main sur un appareil plein format. Leur capteur est en général assez large et peut donc collecter plus de lumière que des appareils avec des capteurs plus petits, ils donnent donc de meilleurs résultats avec une sensibilité ISO élevée. En d’autres termes, vous pourrez collecter plus de lumière sans que le bruit numérique devienne un problème.

Un appareil photo plein format est recommandé quand vous photographiez à sensibilité ISO élevée.

Tout aussi importante pour obtenir de belles photos en basse lumière ou de nuit, la vitesse d’obturation ; c’est-à-dire, le réglage du temps pendant lequel le capteur sera exposé à la lumière. La plupart des appareils photo vous permettront, en mode manuel, d’ouvrir l’obturateur pendant au moins 30 secondes, ce qui est plus que suffisant pour la plupart des photographies en basse lumière. Pour des photos de ciels nocturnes par contre, vous aurez peut-être besoin d’utiliser le mode « bulb », qui vous permet de maintenir l’obturateur ouvert autant de temps que nécessaire.

Équipement et accessoires utiles

C’est toujours payant d’emporter les essentiels quand vous partez pour photographier en condition de basse lumière ou d’obscurité, autant pour la sécurité que la stabilité.

Lampe torche

Un indispensable pour les photographies en basse lumière ou de nuit, la lampe torche, sera une alliée précieuse pour vous repérer, la nuit ou avant le lever du soleil, ou pour retrouver votre chemin après le coucher du soleil. Cependant, quand la lumière baisse, pour éclairer un sujet, vous pouvez aussi tout simplement faire la mise au point dessus. Une lampe torche frontale vous laissera les mains libres.

Trépied

Vu que vous allez ouvrir l’obturateur pendant de longues périodes – plus longtemps certainement que pour prendre une photo à main levée – un ingrédient vital en photographie de nuit est la stabilité. Ce qui fait d’un trépied solide, un accessoire de choix à emporter avec vous.

Un trépied est essentiel pour photographier en basse lumière

Choisir un bon trépied n’est pas chose facile, surtout si vous prévoyez de voyager à l’étranger et devez donc faire attention au poids de votre matériel. Dans ces cas là, il est tentant de choisir un trépied de voyage extra léger. Mais ces trépieds, bien que fabriqués dans des matériaux très légers comme l’aluminium ou la fibre de carbone se révèlent en général assez court, dépassant rarement les 105cm.

Ce qui peut compliquer le fait de regarder à travers le viseur si vous devez constamment vous pencher ou vous agenouiller par terre. Bien qu’un trépied soit essentiellement destiné à stabiliser votre appareil photo, pas à vous apporter un confort supplémentaire, dans des conditions calmes il est toujours mieux de pouvoir vous organiser pour vous faciliter la manipulation de votre appareil. Un trépied qui peut monter jusqu’à environ 132cm sera suffisamment haut pour la majorité des utilisateurs.

Sac ou sac à dos

Il existe plusieurs techniques pour maximiser la stabilité de votre matériel. Une fois que les jambes de votre trépied auront été fixées, l’extension de la colonne centrale ne devra être faite que si les conditions sont calmes. Car s’il y a du vent par exemple, utiliser la colonne pourra générer des vibrations indésirables.

Si cette colonne est munie d’un petit crochet, utilisez-le pour y accrocher votre sac à dos par exemple pour augmenter la stabilité de l’ensemble. Assurez-vous tout de même que le sac est sassez lourd pour qu’un coup de vent ne l’envoie pas valser dans les jambes du trépied.

Télécommande filaire ou infrarouge

Il y a deux autres pièces dans puzzle de la stabilité. La première est l’utilisation d’une télécommande filaire ou infrarouge (ou le retardateur intégré à l’appareil) pour éviter de faire bouger l’appareil en appuyant sur le déclencheur. La seconde est encore plus simple : ne vous prenez pas les pieds dans les jambes de votre trépied pendant que l’obturateur de votre appareil photo est ouvert. Ça peut avoir l’air idiot dit comme ça, mais ce n’est pas rare dans l’obscurité totale. Car, si vous êtes en train de réaliser un filé d’étoiles sur une heure ou deux, c’est le meilleur moyen de ruiner toute votre sortie. Quand l’obturateur de votre appareil est ouvert, éloignez vous.

Vous photographierez surement au format RAW, n’oubliez donc pas d’emporter des cartes mémoire de grande capacité SDHC/SDXC.

Cartes mémoires SD et batteries de rechange

Vu qu’à priori vous allez photographier avec une sensibilité ISO élevée, il y a des risques pour que vos images présentent du bruit numérique. Bien que ce soit assez long à faire, Photoshop ou un logiciel similaire vous permettra de débarrasser vos images de ce bruit, mais seulement si vous photographiez en RAW plutôt qu’en JPEG. Ce format permet de collecter beaucoup plus d’informations par photo donc prévoyez des cartes mémoires de rechange pour vos sorties en basse lumière. Il est aussi bon de penser à vous munir de batteries de rechange, surtout s’il fait froid, les basses températures ayant tendance à réduire la durée de vie des batteries.

Planifier une séance photo en basse lumière

Décidez à l’avance de l’endroit exact où vous souhaitez vous rendre, et allez-y au bon moment pour profiter des conditions de lumière qui vous intéressent. Les basses lumières sont souvent la raison qu’invoquent les photographes pour sortir photographier des paysages durant l’heure bleue juste avant le lever du soleil ou juste après son coucher.

L’heure bleue est une période fantastique pour prendre des photos.

Que vous arriviez sur les lieux avant le lever du soleil ou que vous repartiez après son coucher, il est fort probable que vous soyez à un moment ou un autre dans l’obscurité totale. Ce qui veut dire que vous devrez avoir effectué un repérage des lieux à l’avance. Visitez les lieux dans la journée pour repérer des cadrages potentiels et les meilleurs endroits pour installer votre matériel, emportez aussi une boussole si nécessaire pour repérer exactement où le soleil se lèvera et se couchera.

La nuit, il y a beaucoup de mécaniques célestes à observer.

Planifier une séance photo de nuit

Pendant une séance photo de nuit, vous aurez peut-être envie de photographier la voie lactée. Si vous résidez dans l’hémisphère nord, il n’est possible de la photographier qu’au printemps (après minuit) et en été (avant minuit), quand son centre lumineux est visible au sud est du ciel.

La présence de la lune peut modifier considérablement les niveaux de lumières, quelque soient les endroits ou le moment de la nuit. Renseignez-vous à l’avance pour savoir dans quelle phase sera la lune lors de votre sortie. Par exemple, une pose longue sous la pleine lune peut donner une photo aussi lumineuse qu’en plein jour – mais avec les étoiles visibles dans le ciel (ce qui peut donner de très jolis résultats) – alors que la nouvelle lune vous permettra d’obtenir un ciel parfaitement noir.

Si vous voulez profiter d’une pose longue pour créer un filé d’étoiles ou une composition montrant la rotation de la terre vous devrez tout d’abord repérer la position de l’étoile polaire. L’axe de rotation de la terre pointant vers elle, toutes les étoiles visibles dans l’hémisphère nord semblent tourner autour de cette étoile située au nord. Ce qui veut dire que vous devrez pointer votre appareil photo vers le nord si vous voulez pouvoir créer un motif circulaire. Pointez votre appareil vers le sud et le tracé des étoiles formera des courbes.

Pour savoir à quel moment s’installer, le site Blue Hour est très utile, ainsi que le site The Photographer’s Ephemeris (TPE), pour vous informer des conditions de lumières que vous rencontrerez à tel ou tel endroit. L’application Sky Live est parfaite pour savoir l’heure exacte du lever et du coucher du soleil ou de la lune, mais aussi les conditions d’observation des étoiles (savoir si le ciel est dégagé ou non).

Très pratiques également pour la photographie de nuit, les sites Light Pollution Map et Dark Site Finder cartographient les zones exemptes de pollution lumineuse. Pour localiser l’étoile polaire, la voie lactée et pour identifier les constellations, vous trouverez ces informations sur n’importe quelle application planétarium, comme par exemple Stellarium website ou Stellarium app, les deux gratuites et fiables.

Se préparer pour la nuit

Photographier à l’aube, au crépuscule ou de nuit, implique généralement de faire face à des températures plus basses qu’en journée. Prévoyez donc de quoi vous couvrir et vous réchauffer et peut-être le plus important, munissez-vous de gants fins qui vous permettent de manipuler votre appareil photo sans avoir à les enlever.

Pensez également aux températures auxquelles votre matériel sera exposé. Les objectifs peuvent s’embuer facilement s’ils sont soumis à des chocs thermiques, donc, une fois que votre matériel est sorti, laissez-le dehors. Si vous le rentrez dans une pièce chauffée après votre séance, laissez le tout dans le sac photo pour que la montée en température se fasse en douceur.

Pour l’astrophotographie, il faudra apprendre à utiliser son appareil dans le noir.

Cela peut sembler être une technique étrange à connaitre, mais savoir se servir de son appareil dans le noir complet, sans avoir à regarder ses doigts peut grandement vous faciliter la vie quand vous photographiez de nuit. Et ça fait une énorme différence quand vous photographiez quelque chose de fugace comme les aurores boréales.

Ces aurores, quand elles apparaissent dans le ciel au dessus de vous ou se déplacent en créant des formes intéressantes, ne durent en général que quelques secondes, pour les photographier, vous devez être capable d’ajuster le réglage de votre sensibilité ISO et de la vitesse d’obturation le plus vite possible sans avoir à tâtonner à la recherche d’une lampe torche. Si vous ne savez pas encore parfaitement où sont situés les menus et les contrôles essentiels de votre appareil photo, vous pouvez vous entraîner chez vous, dans une pièce sans lumière (vous pouvez aussi essayer d’ajuster les paramètres les yeux fermés).

En plus de savoir ajuster rapidement ses ISO et sa vitesse d’obturation pour des photos de nuit, il est important de savoir comment réduire la luminosité de son écran LCD. Cela vous permettra d’éviter d’être éblouis et d’avoir à attendre que vos yeux se réhabituent à l’obscurité, vous pourrez donc continuer à vous servir de votre appareil et de son viseur sans problèmes.

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